Lycée du Haut-Barr

- 67700 Saverne -

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« Ce jeudi 12 Avril 2018, nous avons bénéficié d’un cours de philosophie pas comme les autre. Mme Le Van nous a expliqué que, dans le cadre de l’affiliation du Lycée au réseau des écoles associée de l’UNESCO, nous aurions une séance de réflexion sur « guerre et paix », grâce au témoignage d’un acteur de paix, Monsieur Sinteff, ancien responsable de la Police Militaire des casques bleus en ex-Yougoslavie.
 
 
 
Ce dernier est intervenu auprès des TS1 et des TES du lycée du Haut-Barr. Aussi passionnant que courageux, il nous a présenté ses nombreuses missions pour la FORPRONU (la Force de protection des Nations Unies, dont la mission était de créer les conditions de paix et de sécurité nécessaires à la négociation d'un règlement d'ensemble des guerres de Yougoslavie). L’intervention a démarré par une rapide présentation historique de la région des Balkans, puis il nous expliqué que : « c’est toute cette histoire très complexe qui a conduit à la guerre ». Les tensions ont commencés à voir le jour suite à la mort de Tito, dirigeant communiste autoritaire tenant la Yougoslavie d'une main ferme. Car suite à la mort de Tito, il y a eu des montées nationalistes dans la région, notamment chez les Serbes et les Croates. Le nationalisme génère de l'exclusion car, selon la formule du Général De Gaulle, « le patriote aime son pays, le nationaliste hait tous les autres ». Mais le facteur qui a réellement déclenché les conflits, ce sont les religions instrumentalisées par les partis nationalistes. Notre intervenant nous a rappelé que la religion en tant que telle n’est pas dangereuse et qu’elle véhicule des valeurs de paix si elle n’est pas détournée par la politique. Après nous avoir présenté le contexte historique et politique de cette guerre européenne récente, Monsieur Sinteff nous a montré un reportage d’une quarantaine de minutes sur ses différentes missions tout au long du conflit puis lors de la mise en place de la paix. Ce documentaire a été tourné par ses soins, parfois au prix de réels risques. Ce reportage a touché toute l’assemblée. Les images filmées par le casque bleu montrent notamment une cérémonie militaire pour deux de ses camarades tombés au combat, un cimetière Serbes vandalisé, les villes en ruines, un petit chiot sauvé par les militaires, la vie de ses derniers, le travail dangereux des démineurs, comment les enfants cherchaient à recevoir des friandises lors des convois humanitaires, la restitution des logements à leur propriétaire une fois la paix revenue… Autant d’images frappantes et émouvantes, qui nous ont permis de mieux nous représenter ce conflit. Suite à ce documentaire, les élèves avaient à cœur de poser des questions. Un première élève a demandé : « Qui tirait au début du reportage ? », Monsieur Sinteff explique que les avions qui se posaient à l’aéroport de Sarajevo étaient bien souvent la cible de tirs, si bien que l’atterrissage était assez périlleux. L’échange a permis aux élèves de mieux se rendre compte du quotidien des militaires qui dormaient parfois entassés à 200 dans un hangar qui pouvait être bombardé à tout moment, obligeant les soldats à porter des gilets pare-balles en permanence. Les élèves comprennent aussi que la mission des casques bleus n’était pas de « faire la guerre » mais bien de protéger et d’aider les populations. Monsieur Sinteff précise que « le rôle de l'ONU est d'aider les populations », et selon l'adage de M. Dag Hamerdkold, second Secrétaire Général de l'ONU,  « l'ONU n'a jamais promis le paradis mais a souvent évité l'enfer ». Pour clôturer son intervention, le colonel de gendarmerie, dont le dernier poste onusien a été a la tête de la Police Internationale de Mostar, a fait circuler son casque (bleu justement) qui portait les signatures des différents chefs belligérants, apparentant ce casque à un traité de paix. Ce casque revêt une grande valeur, il symbolise la paix retrouvée. »
 
Jules Pierrel, en service civique au lycée du Haut-Barr