Lycée du Haut-Barr

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« Le théâtre, c’est la poésie qui sort du livre pour descendre dans la rue », selon Federico Garcia Lorca. Dans la pièce CORTEGE(S) aussi, les jeunes descendent dans la rue, pour faire entendre leur voix et leurs idées : c’est ce que notre classe de 1èS1 a pu expérimenter lors de deux ateliers de théâtre organisés par notre professeure de Français, Mme Lanères, avec des membres de la troupe de la Lunette-Théâtre. Retour sur ces deux matinées.
 
« Si cela ne tenait qu’à nous… »
Le premier atelier a eu lieu le 14 novembre 2018, en présence de Thierry Simon, l’auteur de CORTEGE(S). Le but de cette séance était de nous initier à l’écriture théâtrale ; mais d’abord le dramaturge a voulu savoir quelles causes les jeunes souhaiteraient défendre aujourd’hui à travers un exercice de prise de parole.
Tour à tour, seuls ou à plusieurs, les élèves s’avancent pour déclarer ce qui changerait dans notre monde si cela ne tenait qu’à nous : tolérance, environnement, éducation, …
Puis nous avons refait cet exercice en proposant des solutions à apporter, suivies de cris d’encouragement par le reste de la classe.
 
Maintenant en bonnes conditions pour écrire, nous exprimons ces idées à travers la rédaction de saynètes humoristiques et étonnantes ou de slams engagés au nom des personnages de CORTEGE(S), puis nous les jouons. Les glaçons, les rats, ou encore Razmo et Rapido défilent devant les observateurs, avant de laisser place à deux slams à l’image de Marion et Yasmina, jeunes filles de la pièce au caractère marqué. Derrière toutes ces créations se cachent des messages parfois métaphoriques, parfois directs… « Quelle loi infâme, pourquoi les gouttes du bas ne peuvent-elles  jamais atteindre le haut ? » Dans tous les cas, elles dénoncent les sujets évoqués plus tôt dans la matinée.
 
Cet atelier d’écriture et de théâtre nous a initiés à ce qui constitue la base d’une pièce : le texte, et nous a fait prendre conscience de l’importance qu’un message soit porté dans une œuvre.
Un grand merci à l’auteur Thierry Simon d’avoir partagé ce moment avec nous (et d’avoir même donné des autographes pour les plus grands fans ! …).
 
Toutes et tous en chœur
 
Une semaine plus tard, c’est en compagnie de deux comédiens que nous participons au deuxième atelier. Marie Vono et Kadir Ersoy, membres de la troupe de la Lunette-Théâtre, nous font découvrir le chœur. Il est originalement présent dans les pièces antiques, et on le retrouve dans CORTEGE(S).
Pendant la première heure, la classe est séparée en deux groupes, chacun avec un comédien. Notre équipe s’entraîne d’abord à déambuler dans la salle ; chacun dans un sens unique mais tous dans un même rythme et une même union – il faut être attentif aux mouvements des autres.
Par la suite, nous formons un chœur condensé et suivons les gestes d’un coryphée (le « leader » du chœur) ; puis deux chœurs se font face et changent plusieurs fois de coryphée. Ainsi tout le groupe dépend d’une personne qui guide -et, dans notre cas, peut leur infliger ce qu’elle veut : certain.e.s ont droit à leur séance de sport !-.
Enfin, dernier exercice pour notre groupe : face à face, deux rangées d’élèves traduisent une émotion en utilisant uniquement les gestes et les regards : lorsque nous mimons la haine, la tension monte ; puis les groupes se rapprochent et s’éloignent dans l’hésitation lorsque nous mimons la timidité.
 
Après cela, nous rejoignons l’autre groupe pour une mise en commun des différents exercices. Ils jouent devant nous des scènes de surprise, comme s’ils étaient interloqués, apeurés ou perplexes face à un élément dans un coin de la salle ou même par la fenêtre.
Ensuite nous élaborons une scène de manifestation, sans paroles, entre des CRS et des manifestants -comme ce qui pourrait avoir lieu dans CORTEGE(S).
 
Au terme de ces deux heures, nous avons donc appris à former un groupe, un ensemble, qui soit uni et parvienne à traduire une même idée. Il est parfois difficile d’être crédible ou sûr de soi, mais comme les comédiens l’ont dit : personne n’a l’air ridicule si tout le monde joue le jeu. La cohésion est essentielle. 
Nous avons ainsi découvert, après le texte, l’aspect qui donne vie aux mots d’un auteur sur scène : le jeu, pas seulement à travers la parole, mais aussi (et peut-être surtout) à travers le langage corporel ; qui reflète les émotions puisées dans les mots.
 
Merci beaucoup aux deux comédien.ne.s pour cette belle matinée !
 
Pour les voir sur scène, rendez-vous le 7 mars 2019 à l’Espace Rohan de Saverne.
 
Jeanne Guerin et Florent Brassart