Lycée du Haut-Barr

- 67700 Saverne -

Photo 1 – Les 168 élèves dans la cour du lycée Erckmann-Chatrian, sous le ginkgo, arbre symbole de sagesse, avec l’équipe encadrante : Fabienne Neiter, enseignante de mathématiques, Cécile Lémius, enseignante d’anglais, Laura Cousandier, enseignante de physique-chimie, Sébastien Debiève, enseignant de SVT, Violaine Deroussent et Mathilde Vautier, enseignantes d’allemand, Edwige Lanères, enseignante de lettres, Christophe Decker, enseignant de SII option ingénierie mécanique, Marc Botlanner, CPE, Maëva Winkler, AES, et Claire Le Van, enseignante de philosophie. Une pensée affectueuse va vers ma collègue de philosophie, Elise Picogna, absente pour raison de santé.
 
Le mardi 6 février 2024 après-midi, tous les élèves de terminale générale et technique (six classes) du lycée du Haut-Barr ont eu la chance de pouvoir découvrir le Gorgias de Platon merveilleusement interprété par la Compagnie des amis de Platon, dirigée par Gérard Mascot, au lycée Erckmann-Chatrian de Phalsbourg, grâce à la généreuse hospitalité de son proviseur, Frédéric Kriegel. Cette sortie philosophique, organisée par Claire Le Van, enseignante dans cette discipline, aidée par dix collègues (un très grand merci à eux pour leur soutien et leur disponibilité !), a permis aux élèves de mieux comprendre ce dialogue portant sur la définition de la rhétorique, dans son lien avec le pouvoir, la justice, et le souci d’une vie excellente ou vertueuse. La mise en scène, enjouée et captivante, a plongé le public dans l’Athènes antique grâce aux décors, aux costumes et au remarquable jeu des acteurs : le philosophe Socrate, père fondateur de la philosophie, magnifiquement interprété par Gérard Mascot, a dialogué successivement avec le célèbre maître de rhétorique Gorgias, joué avec talent par Tom Torel, puis avec Polos, jeune disciple de Gorgias, incarné avec sensibilité par Théo Gerey, et enfin, avec le redoutable Calliclès, somptueusement interprété par Victor Gavard. Dans ces trois entretiens successifs, Socrate va démontrer à chaque fois à ses interlocuteurs qu’ils avancent des arguments contradictoires ou incohérents qui, de ce fait, sont invalidés par l’analyse rationnelle. Mais les résistances des préjugés et des opinions creuses vont transformer ces joutes oratoires en dialogue de sourds. Aucun des trois partenaires de discussion de Socrate n’est véritablement enclin à pratiquer authentiquement la philosophie. En effet, ils préfèrent, à la manière des sophistes, user d’une parole éloquente pour manipuler et flatter les foules, plutôt que de chercher modestement la vérité !
 
Photo 2 – Afin de remercier chaleureusement le proviseur Frédéric Kriegel pour la mise à disposition de la salle de spectacle au sein de son établissement, l’organisatrice lui offre quelques douceurs symboliques au nom du lycée du Haut-Barr, en souhaitant que cette dynamique de mutualisation puisse être reconduite pour les futurs spectacles de la Compagnie des amis de Platon.
 

COMMENTAIRES DES ELEVES DE TG2 :

Photo 3 – Les élève sont impatients de découvrir l’interprétation théâtralisée du dialogue du Gorgias que certains ont lu en œuvre suivie en cours de philosophie, et que tous ont travaillé au préalable à l’aide d’un document distribué dans toutes les classes par Claire Le Van. 
 
Célia SOULYAVONG : « La pièce du Gorgias se déroule en trois temps : un premier débat entre le célèbre Gorgias et Socrate, un second entre le jeune Polos et Socrate, et un troisième entre le fougueux Calliclès et Socrate. Le début de la pièce commence par l’entrée en scène de Socrate, qui n’a pas assisté à la conférence de Gorgias. Tout au long de la pièce, Socrate défend merveilleusement, avec perspicacité et persévérance, son point de vue sur la rhétorique et les sophistes. Gorgias, qui fait partie des plus grands orateurs de l’époque, reconnaît qu’il est tombé dans des contradictions lors de sa définition de la rhétorique. C’est au tour de Polos de défendre les idées des sophistes : il va se rendre à l’évidence qu’être un tyran n’est ni juste, ni souhaitable. La pièce se termine par l’interaction entre Socrate et Calliclès. Contrairement aux deux débats précédents, ces deux hommes sont complètement en opposition dans tous les domaines. Calliclès jouait avec une telle fougue lors de sa prestation que j’ai éprouvé de l’admiration pour sa prestance. V. Gavard correspond totalement à l’image que j’avais de Calliclès. Il représentait sublimement le caractère revêche et bouillant de ce dernier. Gorgias, quant à lui, était très bien représenté par T. Torel par le fait qu’il était affable et débonnaire, au-dessus des tensions, rieur et détendu. Cette pièce de théâtre était tout bonnement incroyable ! C’est un travail considérable qui a été mobilisé pour parvenir à ce résultat magnifique ! Ce chef-d’œuvre de la philosophie a été merveilleusement interprété ! J’ai apprécié tous les aspects de la pièce, que ce soit la prestance des acteurs, la qualité des dialogues, la finesse de la gestuelle, les intonations de voix, la beauté des décors et costumes, c’était génial ! ».
 
Photo 4 – Socrate arrive par le fond de la pièce, ce qui créé un effet d’étonnement, tout en incluant le public dans le dialogue qui devient, par la magie du théâtre, le peuple athénien.
 
Mathilde FUHRMANN : « Ce que j’ai apprécié dans le Gorgias de Platon interprété par la Compagnie des Amis de Platon, c’est tout d’abord l’investissement des comédiens. En effet, l’action se déroulait dans un seul décor et il n’y avait que quatre acteurs sur scène, cela aurait pu être source d’ennui, mais en réalité nous n’avons pas du tout vu le temps passer tellement c’était captivant. Les comédiens ont su parfaitement animer la pièce, notamment en descendant de la scène pour aller vers le public, ce qui nous impliquait dans le dialogue. N’étant pas une adepte du théâtre, j’ai tout de même beaucoup aimé cette pièce, car les comédiens ont réussi à susciter notre curiosité, et ils nous ont fait bien rire ! »
 
Photo 5 – Le rhéteur Gorgias, richement habillé, est au sommet de sa gloire et se sent, de ce fait, au-dessus de toute critique : il proclame haut et fort qu’il est capable de parler de tout, et que l’effet de persuasion de son éloquence permet d’influencer tous les auditeurs, donc que la rhétorique exerce un réel pouvoir d’emprise sur les assemblées, tant au tribunal que dans la cité. 
 
Carl MERTZ : « Etant très intéressé par les sciences depuis de nombreuses années, j’ai longtemps évité le domaine littéraire, cependant en grandissant, j’ai compris qu’il faut être curieux pour progresser. C’est avec cette curiosité que je suis venu à ce spectacle, et j’ai été très satisfait.  Sur la forme, j’ai été impressionné par les comédiens, notamment par leur voix. On peut s’imaginer tout le travail nécessaire pour parvenir à ce degré de maîtrise des intonations, des pauses, du volume… J’ai particulièrement aimé le personnage de Polos, en effet, cet acteur ne devait pas être beaucoup plus âgé que moi, cependant on sentait déjà son expérience acquise dans l’art oratoire. Sur le fond, j’ai beaucoup appris par cette œuvre de Platon.  Si la recherche du bonheur est importante, ce dialogue m’a rappelé le fait que le plaisir n’est pas forcément bon. Ainsi, une certaine discipline est nécessaire à la sagesse, incarnée en Socrate, ce qui illustre le fait qu’être dans une vie mesurée ou équilibrée nous apporte la vraie liberté, sans être esclave de la tyrannie des désirs. Je peux désormais m’inspirer du personnage de Socrate à mon échelle, dans ma vie. Par ailleurs, on peut souligner que la vérité représentée par Socrate triomphe face à la flatterie, à la croyance figurée par Gorgias, Polos, Calliclès. Pour finir, j’aimerais simplement remercier les quatre acteurs, messieurs Mascot, Torel, Gerey et Gavard, pour la qualité de cette représentation, ainsi que pour les valeurs véhiculées par cette pièce ».
 
Photo 6 – Gorgias soutient que le pouvoir de la rhétorique est « l’art de convaincre dans n’importe quelle réunion le citoyen sur toutes les questions où il faut savoir ce qui est juste ou injuste ». 
 
Jade MALENENDJI : « Honnêtement, j’ai bien aimé cette pièce de théâtre. Les personnages étaient très bien joués. Gorgias, avec son accoutrement bourgeois et ses attitudes de sophiste persuadé de tout savoir, était souvent comique. Polos, élève de Gorgias, était à la fois fougueux et en même temps, du fait de sa jeunesse, parfois assez naïf. Calliclès faisait tout d’abord profil bas, pour ensuite se révéler dans sa colère et sa radicalité. Il ressent une frustration croissante tout au long du dialogue avec Socrate, au point d’exploser à la fin. J’ai bien aimé son accoutrement de soldat athénien avec une peau de renard, animal symbolique de la ruse. Pour finir, Socrate était magnifiquement bien incarné avec sa tenue dépouillée et en se posant nombre de questions, cherchant la vérité à tout prix ». 
 
Photo 7 – Socrate montre que l’éloquence confère un pouvoir persuasif qui relève de la croyance et non de la connaissance. Ainsi, il reproche à la rhétorique de faire croire sans faire savoir.
 
Léandro BERGE : « Toutes les classes de TG ont assisté à la pièce de théâtre, tirée de l’œuvre « Le Gorgias » de Platon, qui met en scène un entretien entre Socrate et, dans l’ordre successif, le célèbre rhéteur Gorgias, son jeune disciple Polos, puis le terrible sophiste Calliclès. La pièce a fait le tour de l’œuvre de Platon, et m’a même permis de mieux comprendre certains points du dialogue, car en synthétisant les démonstrations ou les analyses conceptuelles, on parvenait à mieux en saisir le sens, notamment lorsque Socrate explique que la rhétorique n’est pas un art ou lorsqu’il s’interroge sur la justice. La mise en scène était excellente, avec un décor respectueux du cadre historique de la Grèce antique et avec des costumes adaptés aux caractères des personnages (Calliclès avec une armure et une peau de bête qui symbolise la force, Gorgias avec une tenue qui reflète la richesse, Socrate avec une tenue modeste qui exprime plutôt la pauvreté et son désintérêt pour l’apparence, et enfin Polos avec un vêtement plutôt simple en accord avec sa jeunesse). J’ai également apprécié le fait qu’il y ait des interactions avec le public. Il y a également eu de nombreuses interactions entre eux et des rebonds liés au décor, lorsqu’ils bousculaient des meubles ou qu’ils montraient l’allégorie de la justice représentée au centre de la scène. Calliclès était bouillant et cela apparaissait non seulement par son ton colérique mais aussi par le fait qu’il renversait une chaise. J’ai beaucoup aimé l’ironie dont Socrate a fait preuve tout au long du dialogue ».
 
Photo 8 – Gorgias s’empêtre dans des contradictions, car la rhétorique est censée faire connaître la justice, tout en pouvant recourir à des subterfuges manipulatoires qui sont injustes. Socrate ne manque pas de le mettre face à ses incohérences tant logiques qu’éthiques !
 
Marion ARNOLD : « La mise en scène du Gorgias était incroyable ! Le décor inspiré de la Grèce antique ainsi que les tenues des personnages nous ont plongé dans le passé d’Athènes. Le lien entre le jeu sur scène et l’interaction avec le public, grâce aux déplacements des acteurs, a rendu le texte très vivant. Les expressions des visages étaient fascinantes. Le texte a été remanié de sorte à rendre les répliques attrayantes, tout en respectant l’esprit des propos de Platon.  Ce texte retravaillé a rendu le dialogue de Platon plus clair, plus compréhensible. J’ai mieux compris que, du fait qu’il y a une opposition radicale entre bien/mal, et du fait que le plaisir est mêlé avec le déplaisir, bien et plaisir doivent donc être distingués. Les caractères des personnages étaient très bien rendus : Gorgias, au sommet de sa gloire, ne pouvait pas être atteint par les vexations. Polos, jeune et impétueux, voulait démontrer son savoir-faire et défendre son maître Gorgias, mais il avait aussi une certaine candeur. Calliclès était hargneux et colérique ne supportant pas Socrate. Socrate apparaissait sûr de lui, défendant ses idées, mais avec un côté joueur et ironique, qui rendait son personnage particulièrement attrayant ».
 
Photo 9 – Le jeune et fougueux Polos, disciple zélé et naïf de Gorgias, entre dans le dialogue pour défendre son maître. Socrate lui fait part de sa façon de considérer la rhétorique : ce n’est qu’une flatterie ou un savoir-faire qui contrefait la politique, elle recourt à de la démagogie et à de la manipulation oratoire, elle vise l’agréable ou le plaisir sans rechercher le meilleur ou le Bien.
 
Nicolas DUBOIS : « Ce que j’ai particulièrement apprécié en regardant cette représentation, c’est déjà de voir le texte que nous avons lu, prendre vie sur scène : les concepts étudiés en classe deviennent bien plus clairs. Le caractère des personnages est particulièrement bien mis en lumière. L’entrée en scène de Socrate par derrière était une idée astucieuse, soulignant qu’il est atypique, et mêlant le public au dialogue. J’ai beaucoup aimé le jeu des personnages, j’ai bien mieux saisi l’humour inhérent au texte qu’en lisant le dialogue. Le Calliclès boudeur m’a fait bien rire, le moment où il sort carrément de scène était formidable ! Gérard Mascot avait un jeu incroyable et les costumes étaient également très parlants. Un tout petit bémol, la sonnerie qui nous sortait un peu de l’ambiance. Mais, nous y retournions bien vite tellement la mise en scène était réussie, c’était très, très, très bien ! ».
 
Photo 10 – Socrate va ensuite démontrer à Polos que le tyran n’est pas enviable mais digne de pitié, et qu’il vaut mieux subir l’injustice que la commettre. Les deux principes avancés par Socrate déclenchent l’hilarité de ses trois auditeurs !
 
Marie KONING : « Je trouve qu’il était très intéressant d’aller voir cette pièce au théâtre, car elle permet de mieux comprendre le contenu du livre, qui est parfois compliqué, ainsi que les différents sous-entendus, les caractères, les relations entre les personnages. Je n’avais pas bien saisi le caractère et la position de Gorgias par rapport au discours de Socrate. Le texte était également abordé de manière claire, ce qui permettait de comprendre plus aisément cette œuvre complexe et de rester captivé durant le spectacle. Les thèmes abordés sont, de plus, encore d’actualité, notamment la différence entre croire et savoir. C’est le thème qui m’a le plus intéressé, il permet de mettre en garde contre certains discours politiques, pour garder son esprit critique ».
 
Photo 11 – Polos va vainement essayer de défendre les affirmations selon lesquelles le pouvoir, c’est faire tout ce qui nous plaît, même impunément et de manière injuste.
 
Lilou LANG : « Tout d’abord, le fait de voir ce dialogue en vrai m’a aidé à mieux comprendre le sens du texte, embelli par les acteurs talentueux. L’intonation et le jeu des acteurs rend le texte vivant, ils nous aident à saisir la vérité sur la rhétorique, la justice et surtout sur la différence entre les rhéteurs et les philosophes. J’ai vraiment apprécié la simplicité de la mise en scène et des décors, nous rappelant l’Athènes antique, et le jeu des acteurs qui était très parlant. J’ai beaucoup aimé la vivacité de Polos et de Calliclès, elle rendait la scène super vivante. Les deux faces de Polos étaient très intéressantes pour le déroulement du dialogue, sa fougue et sa naïveté. Le jeu d’acteur de Calliclès était magnifique, il restait toujours dans son rôle féroce, même en allant dans le public. Le jeu de Socrate était très fin et fascinant, il donnait un côté brillant à la pièce ». 
 
Photo 12 – Socrate montre que le pouvoir de convaincre de la rhétorique est un pseudo-pouvoir, car il sert à obtenir une satisfaction sans s’interroger si c’est pour le meilleur ou pour le pire, il est déconnecté d’une véritable réflexion sur la justice. Or, le vrai pouvoir est inséparable de la justice.
 
Valentine HATT : « J’ai bien aimé le jeu des acteurs qui haussent le ton lors des moments de dispute verbale, descendent de la scène pour s’approcher du public, se moquent les uns des autres en fonction de leur réplique. Les déguisements et les décors replacent bien le dialogue à l’époque de l’Athènes antique et nous plongent dans le texte platonicien de manière éclairante. Le contraste était flagrant entre Socrate vêtu très simplement et les orateurs habillés plus somptueusement, montrant ainsi leur appartenance à une élite fortunée. Leur voix très claire nous a permis une bonne compréhension et les acteurs étaient vraiment faits pour leur personnage respectif. Cette représentation m’a permis de mieux comprendre le dialogue, qui a été ainsi rendu plus attractif et intéressant que lorsque je l’ai lu. L’opposition entre Socrate et Gorgias est apparue de manière éclatante. Le philosophe pense que la rhétorique n’est que manipulation et flatterie, alors que Gorgias pense qu’il s’agit d’un art noble qui confère du pouvoir. J’espère que je pourrai mobiliser ce dialogue dans ma dissertation du bac ». 
 
Photo 13 – La discussion se poursuit avec Calliclès qui estime que ce qui fait la justice, c’est la force, la supériorité naturelle des meilleurs qui peuvent s’adonner à des jouissances illimitées. Socrate va le réfuter et affirmer qu’une vie tempérante et bonne est préférable.
 
Juliette CLODY : « Cette pièce de théâtre m’a permis de comprendre véritablement ce qu’est la rhétorique du fait que j’ai pu voir cet art oratoire exposé devant moi grâce au jeu des acteurs, j’ai pu voir la puissance de conviction de Socrate et la puissance de persuasion des trois autres interlocuteurs.  J’ai beaucoup aimé la puissance de la voix des acteurs qui interprétaient parfaitement les protagonistes, on voyait bien qu’ils étaient ancrés dans leur personnage. C’était bien que les acteurs descendent de la scène pour nous rejoindre dans l’allée centrale, cela renforçait les liens avec le public ainsi que leur attention. De plus, les costumes et décors étaient très beaux et bien réalisés, ce qui rentrait en harmonie avec leur époque, cela nous aide à nous plonger dans le dialogue. Je vais pouvoir mobiliser cette référence dans nombre de sujets de philosophie sur la vérité, la politique, la justice… La possibilité de manipuler par l’éloquence a été clairement mise en scène ».
 
Photo 14 – Socrate soutient que le pouvoir sur les autres est une illusion de pouvoir, le seul vrai pouvoir est celui que l’on exerce sur soi-même.
 
Kadir EDEMEN : « Le spectacle permet de mieux comprendre les lignes de fond du dialogue « Le Gorgias », de par la vivacité des comédiens. J’ai beaucoup aimé la manière dont les notions de bien, de plaisir, et de rhétorique ont été travaillées ».
 
Maude GAUTHERON : « J’ai trouvé cette pièce de théâtre très intéressante et très accessible pour nous, élèves de terminale. Les acteurs nous ont transportés dans l’univers du Gorgias sans dénaturer l’œuvre. De plus, ils ont rendu ce texte difficile accessible pour des personnes qui ne sont pas spécialement expertes en philosophie. J’ai vraiment apprécié que Mme Le Van nous emmène voir la pièce, c’était agréable de voir les notions exposées sur scène, qui seront réutilisables dans les copies du bac ». 
 
Photo 15 - Calliclès présente ses thèses, notamment au sujet du plaisir débridé, sur le mode de « l’évidence » pour masquer la faiblesse de leur fondement théorique. Calliclès affirme mais ne démontre pas, flatte mais ne prouve pas, Socrate n’a pas de mal à le réfuter point par point.
 
Mahla TUGEND : « J’ai beaucoup aimé la pièce, les expressions des visages, la façon dont le texte a été transformé tout en étant respecté, les intonations et les mimiques. Tout était fait pour nous captiver et nous amuser. C’était très divertissant, et grâce à la pièce j’ai beaucoup mieux compris l’œuvre, je peux même y renvoyer dans une copie du bac sur le thème de la justice ou de la nature. Je n’aurais pas imaginé d’autres acteurs pour ces rôles ! La pièce était vraiment vivante et amusante ! ».
Amandine DIHN : « Dans la pièce du Gorgias, j’ai bien aimé le jeu des acteurs et la mise en scène. Les personnages sont remarquablement bien interprétés. Le livre est plus difficile à comprendre que la pièce de théâtre. La prestance des acteurs sur scène était impressionnante. Les décors nous plongeaient dans l’ambiance de l’époque ». 
 
Photo 16 – Calliclès est trop arrogant, trop sûr de lui et imbu de sa prétendue supériorité pour se remettre en cause, il va jusqu’à menacer Socrate. Calliclès privilégie la démesure, même au prix de la violence, et Socrate, la mesure, par profond souci de justice. 
 
Raphaël NIES : « J’ai beaucoup aimé. Les décors étaient très beaux, surtout les colonnes grecques. Le jeu d’acteur était impressionnant. J’ai pu aisément comprendre l’œuvre alors que je ne l’avais pas très bien comprise quand je l’ai lue. Au fond, il faut critiquer la rhétorique qui sert à flatter ou manipuler. Le débat entre Socrate et Calliclès sur : « Faut-il être puni pour nos fautes ? » est tout à fait passionnant. Merci à la troupe, il y a beaucoup de moments amusants où j’ai bien ri ! »
 
Noa MORELLE : « C’était très bien de voir ce dialogue joué sur scène, cela donne une toute autre dimension au texte. On sort de l’aspect un peu théorique que le livre renvoie. Cela permet de mieux faire des parallèles avec la vie réelle, on comprend mieux les enjeux. Les moments comiques nous ont permis de rester attentifs tout au long de la pièce ».  
 
Photo 17 – Dans ce dialogue, deux conceptions opposées de la vie s’affrontent. Socrate et Calliclès ne peuvent pas se comprendre : pour Socrate, il s’agit de modérer le désir qui est manque et qui nous asservit, alors que pour Calliclès, il convient de le libérer car il est force vitale et puissance d’être, afin d’écraser les plus faibles, conception violemment injuste.
 
Tess SCHIEBLER-BATZENHOFFER : « Le texte joué m’a permis de mieux comprendre le livre. Le jeu d’acteur était maîtrisé et les personnages correspondaient bien à l’idée que l’on pouvait s’en faire à la lecture. On saisit mieux l’aspect néfaste des orateurs-sophistes, qui n’instruisent pas, mais ne font en réalité que persuader sentimentalement, par des arguments incohérents, au lieu de convaincre rationnellement. La distinction entre le bien et le plaisir a été très bien clarifiée. Le texte est très riche, c’est incroyable ! »
 
Lila SINNIGER : « Je trouve que la définition de la justice et de l’injustice était rendue lumineuse par la mise en scène. La touche d’humour qui a été ajoutée, ou qui est dans le texte mais que je n’avais pas perçue, m’a permis de bien m’amuser tout en étant conduit à réfléchir ! Merci, c’était super ! ».
 
Photo 18 – Calliclès prône une conception du bonheur identifiée à la répétition du plaisir, une compréhension du pouvoir envisagée comme emprise sur les autres dans l’impunité et l’injustice, et une définition de la justice affirmée comme force.
 
Lilia MULLER : « Moi qui ne suis pas passionnée de théâtre, j’ai passé un très agréable moment. Le fait d’avoir étudié l’œuvre en cours de philosophie avec Mme Le Van, m’a permis de mieux apprécier cette seconde découverte. Les thèmes évoqués sont toujours d’actualité. La flatterie, la démagogie, l’éloquence comme savoir-faire pour manipuler sans se soucier de vérité, sont des pratiques utilisées encore aujourd’hui, notamment en politique. Le jeu fin et empli d’humour a apporté une fluidité dans cette représentation. Merci aux comédiens d’avoir transmis tant d’émotions et de réflexion grâce à cette formidable théâtralisation du dialogue de Platon ».
Lucas MOREEL : « Ce texte et cette pièce font réfléchir à propos de la vérité et des sujets existentiels comme le sens de la vie. La qualité du raisonnement socratique et son efficacité sont remarquables et rendues très vivantes, grâce à la mise en scène avec des acteurs d’une qualité exceptionnelle. De plus, la dimension théâtrale apporte beaucoup de vivacité et de clarté au texte de Platon. Pour moi, cette pièce de théâtre a éclairé des points importants du texte de Platon, surtout sur le caractère des personnages et les notions philosophiques abordées. J’avais notamment l’impression que Polos était plus influençable et manipulable qu’enclin à une progression intellectuelle ».
 
Photo 19 – Le dialogue se rompt, Calliclès ne supporte pas d’être contredit par Socrate qui le tourne ironiquement en ridicule, si bien qu’il en vient à ne plus vouloir parler. Socrate doit donc terminer seul : la rhétorique est une tromperie qui ne rend pas meilleurs ceux qui la pratiquent. L’homme politique véritable se doit de mener les citoyens vers le meilleur, vers plus de justice.
 
Dominique FOURRE : « Je trouve que les quatre personnages ont été très bien représentés, du moins ils correspondaient à ce que j’imaginais. De plus, l’immersion était réussie grâce au dynamisme du dialogue, aux éléments de décor, et par le fait qu’ils continuaient parfois à débattre au milieu des spectateurs. J’ai passé une après-midi intéressante : j’ai été agréablement surpris ». 
 
Martin GETTLIFE : « Le spectacle était très amusant. J’ai trouvé le jeu d’acteur de Socrate fin et drôle, nous montrant un aspect « taquin » et ironique. Gorgias, quant à lui, m’a beaucoup impressionné : son éloquence et sa tenue lui allaient parfaitement bien. Polos jouait avec conviction son rôle, à la fois prétentieux et en même temps enfantin. Calliclès était impressionnant, surtout quand il criait. Merci pour cette expérience théâtrale qui m’a fait beaucoup réfléchir ! ».
 
Photo 20 – Polos, Gorgias et Calliclès, vaincus et dépités, écoutent Socrate leur relater un mythe édifiant qui vient conforter les repères éthiques qu’il a défendus lors des trois entretiens successifs. Le philosophe recourt au mythe eschatologique sur le jugement des âmes pour défendre l’idée qu’il faut mener une vie juste, faite d’ordre et de mesure.
 
Zoé DEBES : « Ce spectacle m’a été bénéfique, car par la mise en scène, j’ai compris des aspects que je n’avais pas saisis à la lecture, notamment grâce au jeu, au ton, aux insinuations… J’ai mieux compris le caractère des personnages, leur façon de gérer la discussion. J’ai aussi observé les personnages quand ils ne parlaient pas. Tout d’abord, Polos et Calliclès qui chuchotent et complotent, puis quand Gorgias a cessé de parler, Calliclès lui laisse son siège, et Polos s’assoit par terre ce qui renvoie à sa place d’élève. La meilleure partie à mes yeux, c’est quand Calliclès se met en colère et proclame furieusement ses opinions en regardant le public. Mais Socrate triomphe, car il reste calme et rétorque de façon rationnelle ».
 
Wassim THELB : « J’ai trouvé cette pièce vraiment dynamique, et assez fidèle à l’œuvre malgré quelques coupures. Le mot dialogue est devenu très significatif grâce à la théâtralisation. L’interaction des acteurs était riche en rebonds. C’était une sortie vraiment très chouette ! ».
 
Photo 21 – Le mot de la fin revient à Socrate qui soutient que l’heure de la mort est pour tous l’heure de vérité. Au moment du jugement divin, impossible de tricher. Ainsi, ce n’est pas l’idée de la mort qui doit faire peur au sage, mais l’idée de ne pas avoir été juste.
 
Allyssa BOHN : « Le personnage de Gorgias a été particulièrement bien interprété, il avait une prestance montrant qu’il était célèbre. Grâce à l’exemples absurde d’un rhéteur pouvant mieux convaincre un malade de prendre un médicament qu’un médecin ne le ferait, exemple qui illustre le pouvoir de la rhétorique, j’ai pu mieux comprendre l’effet d’illusion qui la caractérise, et cela prête à sourire, car c’est tout de même une énormité ! De même pour le moment où Socrate tourne Calliclès en ridicule, car ce denier prétend que tous les désirs doivent être satisfaits, même celui assez trivial de se gratter, et Socrate faisait semblant de se démanger de partout, ce qui était tout à fait grotesque ! J’admire le travail des artistes qui incarnent chacun d’excellente manière les différents personnages du dialogue. Socrate avait une vraie prestance. Le théâtre rend le texte limpide ! » 
 
Photo 22 : Lors du bord de plateau, les artistes expliquent les choix de mise en scène, indiquent que le travail pour incarner les personnages de manière fine et vivante demande beaucoup de travail en amont et ils insistent sur la portée politique de ce dialogue.  
 
Photo 23 : Victoire, cette nouvelle version du Gorgias (dialogue qui avait été interprété par la compagnie il y a quelques années) est un vrai succès !
 
Photo 24 - Jade Malenendji et Nicolas Dubois dessinent un grand cœur avec leurs bras autour de l’enseignante de philosophie, qui dessine un cœur avec ses doigts. D’après l’étymologie, la philosophie, c’est aimer la sagesse, et le travail, c’est « de l’amour rendu visible » (dixit le philosophe libanais Khalil Gibran) ! 
 
Merci infiniment à la Compagnie des amis de Platon de nous avoir offert une formidable interprétation du texte platonicien, c’était un moment d’excellence tout à fait unique ! Merci beaucoup à la direction du Haut-Barr qui a permis à cette sortie joyeusement instructive d’avoir lieu ! Merci à la direction du lycée Erckmann-Chatrian de nous avoir très cordialement accueillis ! Merci à mes adorables collègues d’avoir accompagné la sortie et d’avoir tant apprécié ce spectacle qui nous a fait réfléchir tout en nous faisant rire ! Merci aux élèves de TG2 d’avoir témoigné de tant d’enthousiasme suite à ce spectacle lumineux, au point d’avoir rédigé les commentaires admiratifs ci-dessus ! Et un immense merci à tous ceux qui aiment la justice et la vérité, et qui s’engagent pour les défendre, à leur façon et à leur mesure, dans leur vie ! 
 
Claire Le Van, le 14. 02. 2024.